Page 99 Jean Calbrix Un automne en août

Publié le par M agali

Si Toulouse a son printemps de septembre,Jean  Calbrix a son Automne en août .

En voici la page 99.

(non, Jean, je ne publierai pas la fin de la page 98. dura lex, sed lex!)

 

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absorbé dans la lecture d'un Simenon. Son maillot de corps laissait voir sa musculature impressionnante. Après avoir jeté un coup d'oeil dans ma direction, il continua sa lecture, tranquillement.

-   Maritounette t'attend à la barrière, lui dis-je.

   Il se leva d'un bond en rejetant son bouquin que je saisis au passage et que je dissimulai sous le matelas. Par la fenêtre poussiéreuse, drapée d'une magnifique toile d'araignée, il lorgna dans la cour. Je  me mis à rire. Il tourna sa face de dogue vers moi. 

Espèce de p'tit con, hurla-t-il.

            Il m'empoigna, me souleva du sol et me projeta sur le lit.

-    Mon bouquin ! Où t'as planqué mon bouquin !

            En même temps, il s'assit sur moi, pesant de tout son poids. J'étouffais sous la masse mais j'eus la force de lui enserrer la taille. Bandant mes muscles, je réussis à le renverser et nous roulâmes sur le plancher. Le pugilat dura quelques minutes. Hargneux que j'étais, j'avais réussi à le prendre par le cou et je serrais avec toute la force que je pouvais. Pendant qu'il étouffait, je soufflais comme un phoque par petits coups brefs et rauques. Le bruit de la porte s'ouvrant arrêta notre jeu. Marc, ahuri, regardait la scène. Gaston lui lança :

-   Qu'est-ce que tu fiches là !

 Il ne demanda pas son reste et s'éclipsa sur-le-champ.

            Assis sur le lit, Gaston m'envoya une grande claque dans le dos.

Sacré Robert ! t'es rudement nerveux. Y a d'la force dans ce petit bonhomme-là, bougre !

            Je me mis à lui raconter mon après-midi avec Muriel et il m'écouta, mi-admiratif, mi-interrogateur.

            -  Alors, comme ça, Bébert, t'as pas laissé tomber.  Et Anita dans tout ça ?

            -  Je te l'ai déjà dit Gaston, ça n'a rien à voir. Anita sera ma femme si elle le veut ; mais je ne peux pas laisser passer une occasion pareille.

            A ce moment-là, je jouais un peu l'hypocrite avec mon copain car je n'étais plus sûr de rien. Muriel m'entraînait dans une espèce de spirale qui me happait. Dans ce tourbillon, j'étais prêt à renier tout ce que j'étais jusqu'à maintenant. Couper mes racines, rompre les amarres, partir...

            - Et si ta parigote te propose le mariage ?

            - Il n'y a pas de danger, elle n'épousera pas un pedzouille, répondis-je, comme sortant d'une hallucination.

 

Jean Calbrix

           

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jean 11/12/2010 00:58



En attendant, il est bouffé aux mites de la pub. Pas gênés, les publicitaires de couvrir le beaux dimanches de Magali avec leurs cochonneries.


Je m'associe à Joël : Magali, reviens-nous !!!


Très bonne remarque sur Hergé, Annick !



annick.demouzon 10/12/2010 22:35



C'est mal parti pour ça. Magali le berce, en attendant de le jeter dans le fleuve (comme les chinois font de leurs moutards) dans Tintin...


 



Joël H 10/12/2010 21:50



Ce blog doit être réveillé...



annick.demouzon 05/11/2010 17:21



Cinquantième sous-sol? Mazette! Même avec ascenseur...


 En effet.



Jean 04/11/2010 02:53



Ce livre est à la Bibliothèque Nationale, chère Annick, au cinquantième sous-sol je crois. Il y a peu de chance que les éditeurs le trouvent à cet endroit, mais j'espère bien que mes arrière
arrière petits-enfants le découvrirons.