Aider la Grèce, ça coûte si chaud?

Publié le par M agali

 

Je reçois une "lettre ouverte" de l'écrivain Patrick Ledent. Avec sa permission, je vous en fais profiter. Je connaissais Pat excellent nouvelliste, je le découvre économiste et pamphlétaire. Le mois de mai, on le sait, est souvent propice à découvrir si sous les pavés on ne nous cacherait pas la plage...


 

 

Chères amies,
Chers amis,

 


 Je lis dans "Métro" une interview de l'eurodéputé socialiste Marc TARABELLA. Ce dernier fait remarquer qu'une taxe minime, de 0.025%, sur les transactions financières rapporterait 135 millards d'euros par an à l'Europe. On va supposer que les chiffres sont à peu près exacts et qu'il n'y a pas de faute de frappe...

Je n'ai pas tiqué sur les 135 milliards. Il y a belle lurette que l'on entend (même moi) valser des chiffres du même ordre. Le milliard est une unité de mesure courante. Elle l'était déjà à l'époque du franc belge et, bizarrement, elle n'a pas dû être convertie au moment du passage à l'euro. C'est à n'y rien comprendre! J'ai dû relire, par contre, à plusieurs reprises, le 0,025%, tant ce taux d'imposition ne m'était pas familier. Les taux d'imposition moyen des revenus du travail d'un ménage belge (35%, soit 1400 fois plus) ou de la TVA du même pays  (21%, soit 840 fois plus) m'étaient plus familiers.

 

Si familiers qu'il m'apparaissait normal, à moi, par souci d'équité, d'aligner le taux de taxation des transactions financières sur le taux moyen de la TVA en Europe (environ 20%, soit 800 fois plus). Ceci, bête règle de trois (Troie?)  permettrait donc d'engranger chaque année des économies de 135 x 800 milliards d'euros, soit 108.000 milliards d'euros, juste un peu plus que le nombre de sonnets potentiels chers à Raymond Queneau. Avec ça on pourrait renouveler 1.080 fois chaque année (c'est-à-dire trois fois par jour) le plan d'aide à la Grèce, fixé à environ 100 milliards d'euros. Ceci sans toucher aux revenus de ses travailleurs. Ca me paraît tellement fou que j'en viens à me demander s'il n'y a pas vraiment une faute de frappe dans la gazette. Mais bah! On n'a que le plaisir que l'on se donne, n'est-ce pas? C'est bien, hein? Il nous resterait encore une petite poire pour la soif.

 

Par exemple, de quoi sauver chaque année, et toutes les nonante* minutes cette fois, soyons pois chiches, la Wallonie, après la scission. Ou toutes sortes d'autres applications qui laissent rêveurs. Si on a encore soif, après, on peut instaurer un impôt sur la fortune pour les pays qui en sont dépourvus, revoir le taux d'imposition des héritages, du revenu de l'argent, des placements extraboursiers, etc..


Que les plus frileux d'entre vous se rassurent, la mesure avancée par Marc TARABELLA n'est, dieu soit loué, pas encore votée. On y pense seulement. Pour certains, on y pense tant que l'intéressé, à la veille de la présidence européenne belge, est d'ores et déjà taxé de communiste. Il faudra par conséquent trouver un arrangement. Soit oublier cette mauvaise idée, soit réfléchir ensemble à un taux de taxation moins usuraire.

 

Voilà, je vous laisse, ça va mieux quand c'est dit!

 


Pat

 

 

* NDLR: 90


Publié dans Carpe diem

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Patrick L. 29/05/2010 09:00



Bien vu et bien dit ! On en rirait presque...



amatou 28/05/2010 16:31



 Un moment rafraîchissant et neuf dans ce blog très littéraire. Je ne sais grand chose de la démonstration de vos calculs mais cette fois, l'on a pas retrouvé de cadavre et l'inspecteur
qui mène l'enquête le fait à l'aide de sa calculette.
Finalement, voici un texte bien original !



Joël H 28/05/2010 07:15



Les chiffres sont toujours intéressants. Ainsi, c'est, pour le monde entier, 14 000 milliards de dollars (Vous avez bien lu, pour avoir une image de cette somme, Suzanne George transpose en
temps: à un dollard par seconde, cela représente 450000 ans de temps)qui ont été donnés aux banques, c'est à dire pris dans la poche des contribuables (Ces mêmes banques qui ne prêtent pas aux
pays "endettés" et qui spéculent sur la dette de ces mêmes pays...) Les capitaux qui circulent librement dans le monde, sans entrave ni taxation se montent à 600 000milliards de dollars.
Imaginons une taxe de 0,002 % chaque année sur ces sommes et bien des problèmes de la planète sont potentiellement résolus (faim etc....)


En France le glissement de l'argent dans la poche des "riches" est  discret mais efficace et date de bien avant la crise.(disons depuis 2000) Le pourcentage du PIB qui a migré des revenus du
travail ( perte des acquis sociaux, perte donc du capital social, le seul qui appartient à chacun des citoyens et qui a été durement acquis depuis le début du 20ème siècle) vers ceux de
l'actionnariat est d'environ 10% par an. Faites le calcul et vous constaterez qu'il y a là de quoi renflouer la sécu,  payer les retraites, remettre à niveau les hopitaux publiques etc...


Le gouvernement d'un état démocratique n'a t-il pas la charge d'assurer le bien être de chacun de ses citoyens?


Est-ce le cas ici et ailleurs ?


Dormez braves gens, le narcotique est puissant et distillé chaque jour directement chez vous!