Une histoire do de Suzanne Alvarez

Publié le par M agali

La capitaine au long cours bien connue, l'auteure des "Histoires d'eau" du blog Calipso, Suzanne Alvarez, vient de mouiller sur ce blog. Le temps de retrouver dans la pile de son courrier " à envoyer" cette lettre...








HISTOIRE DO

 
Tu me demandes, ma chère Do, comment fonctionne cette engeance, ces hardis petits mâles conquérants, infiniment fiers de leur spaghetto de contrebande dispensateur d’une malheureuse petite secousse dont ils se contentent vaniteusement, alors que notre caverne du Baba recèle bien d’autres trésors qui nous permettent de toucher du doigt la présence divine sur cette terre (ce qui reste tout de même sacrément appréciable) ?

D’abord et d’une, même chez les plus évolués (et ni la culture ni le niveau social n’y changent rien), une femme qui se conduit simplement comme eux, avec la même liberté de ton et la volonté de choisir librement ses partenaires en se tamponnant de l’opinion générale, n’est plus une femme mais une « Satanée S…... » tout juste bonne à larguer vite fait après l’avoir copieusement calcée. Et qui devrait, si elle mesurait à sa juste valeur la distance proprement intergalactique séparant sa misérable plaie béante toute ruisselante d’attente fébrile de la fière présence d’un organe orgueilleusement dressé comme un trophée, visiblement créé pour dominer, considérer comme un honneur insigne de s’être fait enfin grimper par un de ces êtres exceptionnels, véritable don d’un Bon Dieu qui doit décidément forcer assez souvent sur le jaja tant il multiplie les conneries. (Ouf ! )

Ensuite, pour la plupart, qu’est-ce qu’une femme ? Sinon un instrument inventé uniquement pour la satisfaction de M. MALE,  MOI, viril antépénultième de l’antépénultième qui trimbale entre mes jambes ce vaporisateur admirable (j’entends par là un outil que j’admire, MOI, ce qui doit suffire à asseoir sa réputation définitive), j’ai honoré ces moins que rien de mon incomparable limonade.

Tertio. Comme il faut bien faire une fin et assurer la postérité, on épouse alors la future mère de ses enfants : une pucelle candide (ou une fieffée hypocrite) présumée irréprochable. On l’engrosse pour pérenniser l’héritage patrimonial, on la secoue ensuite périodiquement (les jours fériés, de paie et de fêtes carillonnées) histoire de montrer qu’on n’est pas un sauvage…

Excuse-moi, ma chère Do, mais je reviens momentanément sur terre pour te dire que le petit discours que tu m’as envoyé l’autre jour et concernant ce « Günter », respire par tous les pores la femelle amoureuse, terriblement déçue et d’autant plus malheureuse. Il te dédaigne cet ahuri ? Et ça te fait mal, pauvre pomme ! Mais c’est qu’il n’a rien compris. En tout cas, pas ce que j’ai compris, moi. Ҫa me désole pour toi, car tu ne le mérites pas. Pas à mes yeux en tout cas. Mais voilà, c’est la dure loi du sport, encore plus dure dans ce domaine que partout ailleurs. Comme j’aimerais être démiurge et posséder le pouvoir de châtrer ces outrecuidants de la braguette magique qui héberge leur flûte enchantée ! Ce que c’est que l’Homme, ma pauvrette, alors que le moindre zéphyr contrariant suffit à lui flétrir les précieuses, qui en deviennent, pour le coup, ridicules.

On sonne à la porte. On reparlera de ça plus tard…

__________________________________________________________________________________________________________

* Lettre  retrouvée dernièrement dans un fond de tiroir) à une amie délaissée par ce « Günter », et en réponse aux questions qu’elle me posait sur la gent masculine en général.
Lettre jamais terminée ni envoyée, et pour cause : on venait de sonner à ma porte. Une énorme gerbe de roses rouges cachait le livreur qui me remettait un bristol : « de la part d’un ex. Tendrement ».
 
En relisant pour la troisième fois le bristol posé près du téléphone, je pensais tout haut :
- Tu as raison de t’inquiéter, ma fille ! Redescends sur terre !
Pour conclure après réflexion :
- Oui, mais pas avant d’avoir essayé encore un petit coup !

Suzanne Alvarez






Suite à une fausse manoeuvre de ma part tous les commentaires déposés sur cet article ont disparu dans la corbeille. Quel dommage!

Commenter cet article

Stéphane 16/07/2009 11:05

Ce bouquet d'umour est désopilant. Les commentaires ne l'étaient pas moins. Hélas! Triste époque, il n'est pas toujours partagé. On ne rit plus, quand pour meubler, la page se couvre de fadaises, qui nous invitent à aller sous d'autres cieux. 

Fernando 03/07/2009 16:09

Les femmes sont comme la lune, les hommes comme le soleil. La sexualité des femmes va croissant et décroissant. L'homme darde son rayon tous les matins.

Jean 26/06/2009 15:17

Bon, mon beau commentaire est passé à la bannette, c'est le triste sort de mes écrits chez les gros éditeurs.Voyons, voyons. Bravo, Suzanne, pour ce couplet érotico-satirique croustillant avec de belles métaphores cousues main (de ma soeur...). Mais elle y mettent du leur aussi nos chères haltères-égaux. Ainsi, le MLF (Mouvement de la Libération de la Femme pour les jeunes qui suçaient encore leur pouce dans les années soixante-dix) avait cette remarque satirique sur leurs consoeurs : "La femme est mieux que le rôti, elle se met la ficelle toute seule". Et j'avais ajouté que pour avoir autre chose qu'une petite secousse et toucher les étoiles, il convenait de ne pas être mal ficelée. Mon coeur de matcho a parlé ! 

Jean-Pierre 24/06/2009 07:19

-Nous ne pouvons nous passer d'eux- Continue dans cette voie, Yvonne, cela me met en train...Nous, les hommes, qui connaissons les humiliations de la part de nos moitiés quand la coupe est pleine...sommes heureux qu'une Belge habitant le Lot, remette les pendules à l'heure.Surtout, Yvonne, ne remets pas en cause tes propos, cela serait une immense claque, que ma grande sensibilité ne saurait accepter.

Yvonne+Bronsin 19/06/2009 08:47

Haha!!!!! Enfin une qui écrit tout haut ce que les autres ruminent tout bas! La frustration souvent ressentie face à ces mâles imbus de la soi-disant supériorité que leur confère l'attribution d'un zigounette, n'explique en rien pourquoi nous avons tant de mal à nous passer d'eux. Même sans les fleurs, même rien qu'avec les épines des roses, on en veut, on en redemande! C'est peut-être ce qui fait dire aux hommes que les femmes sont si difficiles à comprendre...