Les petits pâtés glacés d'Yvonne Oter

Publié le par M agali

Dédiée à toutes celles qui aujourd'hui participent au triathlon du jour*, voici une nouvelle d'Yvonne Oter que ce blog accueille pour la première fois.



(musée du Louvre, département d'égyptologie, photo F.D)






Pour trois pâtés glacés.



     Depuis son veuvage, Belle Maman vient manger à la maison tous les dimanches à midi. Tous les dimanches depuis trois ans, je passe des heures à lui cuisiner des petits plats mijotés « qu’elle n’a plus le goût ni le courage de préparer pour elle seule » (dixit mon Mari Bien-Aimé). Au fond, cela ne me dérange guère : autant manger un bon petit repas le dimanche, même si je ne me débrouille pas mal les autres jours de la semaine.
     Ce qui me gêne, par contre, c’est de devoir faire la file à la pâtisserie pour acheter le dessert. « Vas-y, toi ! Tu sais combien j’ai horreur d’attendre ! » (toujours d’après Tendre Chéri). Je n’aime pas non plus courir acheter les gâteaux à l’autre bout de la ville sous le prétexte que « il n’y a que chez Van Barsel que les pâtés glacés (NDLR:
en Belgique, on appelle « pâtés » les petits gâteaux individuels) sont bons » (là, c’est Belle Maman qui parle). De chez Van Barsel ou n’importe où ailleurs, je déteste les pâtés glacés ! La crème pâtissière, pâle, fade, tremblotante, coincée entre deux feuilles de pâte feuilletée sèches et insipides qui collent au palais, recouvertes d’un glaçage blanchâtre et poisseux, pouah !, que je déteste ça ! « Fais un effort, mange le même dessert que nous. C’est si bon, les pâtés glacés ! » (devinez qui dit ça…). Alors, pour la paix de mon ménage, depuis trois ans, j’avale.

     Hier matin, donc, je suis partie vers dix heures acheter trois pâtés glacés chez Van Bersel. En approchant de la Grand Place, il régnait une atmosphère un peu différente des autres dimanches. Plus de monde, plus de cris et de rires, plus de mouvement, d’animation. Intriguée, j’y suis allée voir.
     -Enfin ! Vous voilà !, a crié un gros monsieur que je ne connaissais pas.
     Il m’a débarrassée de mon filet à provisions et m’a poussée vers un autre homme, tout rouge d’énervement.
     -La prochaine fois, essayez d’être à l’heure !, m’a-t-il lancé avec mauvaise humeur.
     Il m’a enfilé un dossard orange fluo portant un numéro 6 puis, en courant, m’a emmenée vers un ruban tendu en travers de la rue principale. Un autre officiel attendait avec un pistolet tendu vers le ciel. Lorsque j’ai atteint le ruban, il a crié « Prêtes ? Partez ! », et il a tiré un coup de feu. Le ruban est tombé et toutes les participantes sont parties. Alors, moi, je suis partie avec elles.
     Elles étaient toutes là, les commères de mon quartier. La grande Amélie et son tablier à fleurs ; la vieille Juliette qui courait en clopinant ; la sale Marie dont les cheveux gras volaient en mèches dégoûtantes autour d’elle ; la grosse Maguy dont les énormes seins ballottaient en cadence ; la laide Nicole qui plissait les verrues de son long nez dans son effort pour aller plus vite ; la petite Germaine qui soutenait son ventre enflé par les jumeaux qu’elle attend pour début juillet ; l’infâme Adèle, mon ennemie intime, qui surveillait tout le monde dans l’espoir de récolter quelque ragot à commenter le lendemain. Et toutes les autres, les jeunes, les vieilles, les en bonne santé, les handicapées, les bien habillées « en dimanche », les mal fagotées, les à talons aiguilles, les en charentaises, les adipeuses, les osseuses, les grandes, les naines, toutes couraient en ayant l’air de savoir où et pourquoi.
     Et moi, je courais avec elles. En ne sachant rien du tout. Comme je fais régulièrement de la marche, que je fréquente le club de gymnastique et que je jouis donc d’une bonne condition physique, je me suis vite retrouvée en tête du peloton. Ce qui a suscité la rage de l’infâme Adèle. Elle a joué des coudes et distribué quelques coups de pieds sournois pour revenir à ma hauteur.
     -Je t’aurai !, a-t-elle sifflé haineusement.
     J’aurais bien voulu savoir quels étaient au juste la raison et l’enjeu de cette compétition. Mais ce n’était pas le moment de poser des questions, surtout à Adèle, d’autant que les deux filles de la laide Nicole revenaient sur nous au prix d’un gros effort.
     Le long du parcours, les hommes criaient et encourageaient les concurrentes. Ils riaient aussi beaucoup, échangeant des plaisanteries gauloises en comparant grivoisement la qualité de nos physiques. Si Adèle ne m’avait pas talonnée d’aussi près, je me serais bien arrêtée pour en moucher quelques-uns dont l’humour à mes dépens était particulièrement déplaisant. Mais ils ne perdaient rien pour attendre, ces malotrus : je leur revaudrais leurs mauvaises plaisanteries au centuple ! Je les ai bien repérés dans la foule, et comme je connais quelques petites choses sur eux qu’ils préféreraient sûrement garder secrètes, ma vengeance sera terrible…
     En face de l’école des garçons, des organisateurs nous attendaient.
     -Première épreuve : le tricot, a dit l’un d’eux.
     On m’a donné deux macaronis et une pelote de laine jaune canari.
     -Montez trente-huit mailles et tricotez six rangs au point mousse.
     Je voudrais vous y voir, moi ! Il ne fallait pas trop serrer les mailles pour éviter de casser les macaronis, manipuler l’ouvrage en souplesse, avec douceur, en continuant à marcher pour ne pas perdre l’avance que ma bonne course m’avait fait gagner. Je ne réfléchissais même pas à l’utilité de la chose, tout appliquée que j’étais à mon ouvrage. Quand l’infâme Adèle a rendu son tricot terminé avant le mien, j’étais tellement en rogne que j’ai cassé un bout de macaroni. Heureusement j’avais presque fini et, la rage au cœur, j’ai pu me lancer à sa poursuite en mâchonnant le bout du macaroni. Elle m’avait bien pris cinquante mètres, ce qui peut paraître peu, mais reste dur à rattraper. Surtout que la jouissance d’être devant moi lui donnait des ailes.
     Nous longions alors le parc municipal où les jeunes dévergondés se rencontrent le soir à l’abri des buissons discrets. J’en aurais des choses à dire sur ce qui s’y passe ! Comment croyez-vous que la petite Germaine s’est mariée en toute hâte et est tombée enceinte des jumeaux « le premier soir de ses noces » ? Mon œil, oui ! C’est devant la statue de Charlemagne qu’ils ont été conçus, les doublets ! Encore heureux que son bon ami ait accepté de l’épouser… Il y en a quand même qui ont de la chance de tomber sur des garçons honnêtes, savez-vous. Parce que la laide Nicole, ses filles, elles ont aussi été fabriquées dans le parc. Et elles, le papa, on n’a jamais su qui c’était vu qu’il ne s’est pas manifesté, ni pour le mariage, ni pour l’entretien des petites. Notez que j’ai bien ma petite idée sur l’identité du géniteur, mais comme je sais tenir ma langue, je ne dirai rien.
     Devant la grille principale du parc, d’autres organisateurs nous ont arrêtées.
     -Corvée patates !
     -Vous ne pouvez pas déchirer l’épluchure sous peine de disqualification. Celle qui aura réalisé la plus longue épluchure intacte remportera l’épreuve.
     L’infâme Adèle était déjà au travail, suant, tirant la langue, mais pas si appliquée qu’elle ne trouve le temps de me jeter un regard moqueur. Mon sang n’a fait qu’un tour, mes mains se sont activées sur le tubercule et j’ai obtenu la plus longue épluchure de toute ma carrière de cuisinière. Quand nous sommes reparties, j’avais pratiquement comblé mon retard sur ma rivale.
     Le soleil commençait à monter dans le ciel tout bleu et le mercure escaladait le thermomètre. La transpiration me coulait le long des tempes pour s’écouler dans mon cou. Si je rentrais rouge et décoiffée, Belle Maman allait me disputer ! Elle qui ne supportait pas les gens qui sortent en négligé, pensez, un dimanche !
     Devant la cathédrale, le curé debout sur le parvis lançait des anathèmes et menaçait d’excommunication ses (in)fidèles paroissiennes qui couraient au lieu d’assister à l’office dominical.
     -Préparez-vous à des surprises, lorsque vous viendrez vous confesser samedi prochain ! Les pénitences seront lourdes ! Vous allez en réciter, des paters et des aves ! Femmes perdues, éhontées, scandaleuses ! Vade retro !
     Et toutes les croyantes, les bigotes, les grenouilles de bénitiers, courbaient la tête, se faisaient toutes petites, adressaient des regards éperdus au curé, mais continuaient à courir sous les imprécations du vieil ecclésiastique.
     Moi, j’enrageais parce que, malgré tous mes efforts, je ne regagnais plus un centimètre sur l’infâme Adèle. Je n’allais pourtant pas être battue par ma pire ennemie ! Ce n’était même pas envisageable. Je n’oserais jamais plus sortir de chez moi, je savais trop bien à quels sarcasmes je serais exposée ! Pensez donc, quelle gloire, quelle revanche ; cette crème de chameau ne laisserait pas passer une telle occasion de m’humilier !
     Devant le Musée d’Art Moderne, nouvelle épreuve. Sur une longue table, des camping-gaz chauffaient. Des poêles à frire, des assiettes, du beurre et une jatte de pâte nous attendaient.
     -Vous devez cuire trois crêpes en les faisant sauter pour les retourner. Vous n’avez pas d’autre solution puisque vous n’avez ni fourchette ni palette pour vous aider.
     Aïe ! ça n’est pas mon point fort, faire sauter les crêpes ! Chez moi, j’utilise toujours le couvercle d’une vieille marmite. Sauf, bien sûr, le mardi gras où j’en fais sauter une avec une pièce d’un euro serrée dans ma main droite pour ne pas manquer d’argent pendant toute l’année. L’essai est rarement concluant car, ou bien la crêpe reste collée au fond de la poêle, ou bien elle tombe à terre.
     -Attention, la numéro 6, à une main, seulement ! Sinon je devrai vous disqualifier !
     Comme si je voulais tricher ! Il n’avait qu’à le dire avant plutôt que me gronder comme une malhonnête devant les autres ! Ses réprimandes injustes, aggravées par le regard narquois de l’infâme Adèle, championne du retournage aérien de la crêpe, m’avaient donné l’énergie et l’habileté nécessaires : je réussis mes trois crêpes ! Pas assez vite cependant pour reprendre de l’avance à mon ennemie intime qui caracolait toujours quelques dizaines de mètres devant moi.
     Je commençais à en avoir assez de cette épreuve que je subissais sans savoir pourquoi, pour quoi et dans quel but. J’avais chaud, j’avais soif ; Belle Maman et Mari Adoré devaient déjà m’attendre et cela n’allait détendre l’atmosphère guindée du dîner à la maison.
     Devant le « Café des Sports », encore une épreuve.
     -C’est la dernière, nous dit un organisateur un peu moins antipathique que les autres.
     -Voici des œufs, de la moutarde, de l’huile, du vinaigre, du sel et du poivre pour préparer une mayonnaise. Et il faut qu’elle soit bonne ! Nous la goûterons ! Car elle servira d’accompagnement pour les tomates au thon que mangeront les résidents de la maison de retraite.
     Là, j’étais à l’aise ! Doux Chéri a toujours exigé que je prépare la mayonnaise à l’ancienne, comme Belle Maman, parce que, je cite, « les mayonnaises en pot sont bourrées de conservateurs, d’émulsifiants et autres agents saponifiants » qui nuiraient gravement au bon transit de son estomac délicat. Donc, je suis la reine de la mayonnaise maison. Pas comme l’Adèle qui l’achète toute faite au supermarché, et en produit blanc encore ! Je me demandais comment elle allait se débrouiller.
     Devant toute la clientèle du « Café des Sports » qui était sortie, verre de bière à la main, pour apprécier les prestations des candidates, ce n’était pas une petite affaire si on voulait échapper aux quolibets. Il faut savoir que cet établissement du bas de la ville réunit les plus malappris et grossiers personnages du coin. Paresseux, bons à rien, fainéants de tout poil, ces éhontés osaient se moquer ouvertement des braves femmes qui touillaient la mayonnaise destinée à de pauvres vieux impuissants ! Si nous n’avions pas été aussi essoufflées et appliquées à notre tâche, ils en auraient entendu quelques vertes de derrière les fagots !
     L’infâme Adèle était la principale cible de leurs moqueries.
     -Regarde l’Adèle ! Elle ne doit pas préparer souvent la mayo chez elle ! Elle est obligée de regarder comment font les autres !
     Et tous en chœur :
     -Hou, la copieuse ! La vilaine copieuse !
     J’ai cru qu’elle allait s’étouffer ! J’ai beau ne pas l’aimer beaucoup, même pas du tout, devant des mâles déchaînés,un sentiment de solidarité féminine m’a poussée à lui souffler.
     -D’abord le jaune d’œuf et la moutarde. L’huile ensuite. Puis le vinaigre, le sel et le poivre pour finir.
     Croyez-vous qu’elle m’en a été reconnaissante ? Pas du tout ! Elle a terminé sa préparation vite fait –avant moi !- et est repartie en tête de la course.
     Nous remontions vers la Grand Place par les rues étroites et pittoresques des vieux quartiers. Nous ne songions pourtant pas à faire du tourisme car la pente, la chaleur et la fatigue nous rendaient beaucoup moins fringantes qu’au départ de l’épreuve. Serrant les dents, puisant dans nos ultimes ressources, nous fournissions le dernier effort pour figurer en bonne position à l’arrivée.
     J’étais à la limite de mes forces, courant, sprintant, ahanant, pestant, pour tenter d’enfin rejoindre ma rivale. Rien à faire ! Trouvant sûrement dans sa méchanceté foncière les dernières vigueurs nécessaires pour vaincre définitivement une ennemie si haïe, elle maintenait une bonne cinquantaine de mètres d’avance sur moi.
     Lorsqu’elle pénétra en tête sur la Grand Place, une immense clameur s’éleva de la foule massée en nombre pour voir arriver les candidates. La ligne d’arrivée en face d’elle, à quelques mètres, l’infâme Adèle jugeant la course gagnée, se retourna pour me narguer une dernière fois. Je pleurais de rage tellement son triomphe était désormais incontestable. C’est sûr, j’en entendrais parler jusqu’à la fin de mes jours. Je perdrais tout prestige et toute influence auprès des autres femmes et leurs époux se moqueraient de moi. Jamais je ne survivrais à un tel affront reçu devant toute la ville réunie !
     Donc, l’infâme Adèle se dirigeait vers une victoire aisée en me dévisageant d’un air effronté lorsque son pied buta sur un pavé légèrement saillant. Elle s’étala lourdement sous les « oh ! » des spectateurs et … je la dépassai et franchis la première la ligne d’arrivée.
     Ma rivale se releva sur les mains et les genoux, puis quitta la place furtivement pendant que les organisateurs m’accueillaient sous les vivas du public.
     -Félicitations, vous êtes notre grande gagnante !
     -Vous allez nous dire quel prix vous désirez pour récompenser votre victoire.
     -Les commerçants se sont engagés à combler tous les désirs de la lauréate !
     -Alors, que désirez-vous ? Que voulez-vous comme récompense ?
     Eberluée, en nage, échevelée, je fixai Tendre Amour et Belle Maman rayonnants au premier rang de la foule, et ne pus que murmurer :
     -Je voudrais trois pâtés glacés de chez Van Barsel.

Yvonne Oter



Lire d'autres nouvelles d'Yvonne et .

Née à Liège, en Belgique, elle partage dorénavant sa vie entre son pays d'origine et le Lot, son pays "coup de coeur". Epouse, mère et grand-mère, elle trouve toujours un peu de liberté pour s'adonner à son passe-temps de prédilection depuis toujours : l'écriture.
Yvonne Oter est l'auteur d'une chronique de la vie du carrousel, son premier ouvrage long, "Le Galopant" , publié en 2009 chez Edifree.



________________________________________________________________________________________________

* trois épreuves minimum à choisir dans la liste officielle:
marché/ ménage/ repassage/cuisine/enfants/ accueil des familles d'origine/sourire et être belle

NB: option facultative mais chaudement recommandée pour les championnats 2009, le passage par le bureau de vote.




Commenter cet article

Patrick+Dupuis 13/06/2009 08:47

Les speculoos de chez Dandoy, à Bruxelles, sont eux aussi à conseiller (vieux magasin près de la Grand-place - il y a quelques succursales).

Lastrega 10/06/2009 09:55

Merci ma Vovonne d'avoir répondu si rapidement. Je vais enfin pouvoir dormir tranquille (quoique je ne sois pas plus renseignée pour autant). Et pour ce qui est de goûter des petits "Spéculoos" faits au feu de bois, c'est quand tu veux ! Ca fait si longtemps que je ne suis pas retournée en Belgique. Et puis après ça, on ira jouer aux machines à sous, une fois, hein ?

Yvonne+Bronsin 10/06/2009 09:33

Comme je n'en sais trop rien, une fois je l'écris "à pissette" et la fois suivante "à picette". Comme ça, je suis sûre d'avoir raison une fois sur deux...Pour les speculoos, c'est vrai que c'est bon! Mais les "industriels" n'ont rien à voir avec ceux que l'on trouve dans les bonnes pâtisseries liègeoises! Je t'y emmènerai une fois, si tu veux...

Lastrega 10/06/2009 09:17

Je tenais à te dire ma Vovonne que ta nouvelle qui nous a tous ravis est aussi fondante qu'un petit "cuberdon" tout rouge. Je te précise quand même en passant que j'ai trouvé, pas plus tard que ce matin et chez Champion, des "Spéculoos", tu sais ces petits biscuits belges. J'ai hâte d'être à demain matin pour y goûter au petit déjeuner.Et aussi, je voulais que tu m'ôtes d'un doute horrible, car j'ai encore passé une nuit atroce à cause de ça : quelle est l'orthographe exacte de ces petits baisers que tu me fais toujours en pinçant ma joue entre le pouce et l'index, car une fois (hein ?) tu m'écris : "plein de pissettes" et une autre fois "plein de picettes". Alors, 2S ou 1C ?Réponds-moi, je t'en supplie !Signé : ton petit coeur de Belin (actuellement "Lu").

Yvonne+Bronsin 09/06/2009 20:12

Autant pour moi, Patrick! Je suis donc démasquée : en effet, je proviens de la région liégeoise! Et je ne sais pas comment on appelle les pâtés glacés dans le Brabant...Merci à tous pour vos commentaires si sympathiques!