Robert Combas et Giorgia Fioro à Paris: expos photos sans controverses

Publié le par M agali




La traque, le troc et le truc… ou 3 expositions photos à Paris en ce printemps 2009




La traque c’est celle, obstinée de Giorgia Fioro qui a cherché pendant dix ans a fixer sur la pellicule le moment de transcendance inhérent à chaque culte ou religion, dans tous les coins du monde.
Elle a intitulé son exposition « Le don ». Don de l’homme à son Dieu ? Don de Dieu à l’homme ? Don de l’artiste de sa quête du sacré au spectateur de ses photos ? Qu’importe ! On plonge avec elle dans l’instantané et l’éternel. On est poursuivi longtemps par ces regards extasiés, par ces rites cruels, par cette chorégraphie spirituelle que ce soit dans les cultes de l’île de Pâques, chez les Incas ou chez les derviches tourneurs Soufis…

Le troc c’est celui de Robert Combas. On connaît ses peintures, ses fonds noirs, l’introduction de l’écriture au sein même de son horizon pictural, sa provocation lyrique, son modernisme.
Que vient faire une exposition de Combas à la maison Européenne de la Photographie ? Mais justement sa peinture est photographiée, modélisée, reproduite, retravaillée en grand format par l’artiste lui-même. C’est une transformation radicale, une nouvelle dimension, un nouveau matériau dans l’art, dans le pays de l’entre deux, et je dirais même de l’entre trois… car en plus de la photographie et de la peinture apparaît la poésie. Il faut ABSOLUMENT lire les vignettes accompagnant les œuvres. Elles sont un petit monde à elles toutes seules.


Le truc c’est ce qu’il faut dénicher dans l’exposition intitulée « Controverse » à la BNF.

La foule se presse devant les photographies qui appartiennent toutes plus ou moins à notre patrimoine culturel (Les enfants nus qui fuient sur la route pendant la guerre du Vietnam, les premiers pas d’Aldrin sur la lune, le baiser de Doisneau, le portrait du Che etc…)
L’exposition est composée de 80 images prises entre 1840 et 2007, accrochées chronologiquement, sans grande recherche de présentation. Malheur au visiteur qui ne lirait pas les vignettes ! Car ce qui est présenté là c’est la preuve que la réalité photographique n’existe pas. Ce sont toutes des photos à histoires, à petites histoires, dans la grande Histoire. Le visiteur se trouve confronté à sa propre perception face à la perception que l’image essaye de lui imposer. C’est une polémique en construction qui est présentée là. Que la retouche ait des buts historiques, moraux, politiques, esthétiques ou commerciaux, qu’importe ! Il faut regarder « autrement ». Espérons que ce n’est pas seulement le goût du scandale qui anime les nombreux visiteurs, mais la conscience que les questions de société sont toujours à décrypter avec prudence dans tous documents photographiques.


Monique Coudert


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Robert Combas Le frimeur flamboyant et Giorgia Fioro Le don, 2000-2009

 Maison Européenne de la Photographie
 du 4 février au 5 avril
5/7 rue de Fourcy 75004 Paris




CONTROVERSES (Photographies à histoires)
3 mars – 24 mai BNF Site Richelieu- Galerie de photographies 58 rue de Richelieu Paris 75002

Publié dans Carpe diem

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Patrick 19/03/2009 19:54


Oui Monique, chez Robert Combas les vignettes sont un petit monde à elles toutes seules. J’ai beaucoup aimé " La statuette pygmée " et son assemblage de " mots "...
" Je t’attendais faisant mes exercices faciaux, en me servant de mon stylo en équilibre entre le bas du nez et la lèvre supérieure. Tu étais là, sous la véranda, en train d’admirer la marotte africaine d’un peut-être pygmée "