Monique Coudert et Peter Doig: embarquement immédiat.

Publié le par magali duru

Peter Doig au Musée d’art moderne :

Quand la publicité vous montre du doigt le chemin de l’art …




J’ai été fascinée par cette affiche vue dans le métro : ce jeune Indien (qui ressemblait étonnement à mon fils Robin, chanteur de rock) tout seul sur un lac bleu marine dans son immense canoë orange, semblait m’attendre pour m’emmener en voyage… Un voyage que j’ai fini par faire (grâce au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris) au pays de Peter DOIG.


Ce peintre britannique, né en Ecosse en 1959, a passé une partie de son enfance au Canada vit désormais à Trinidad. Cette exposition rétrospective de son œuvre nous vient de la Tate Modern de Londres. Son parcours d’artiste nous emmène dans une « re-vision » de la nature, une vision qui réussit à alterner
une connaissance profonde et fulgurante de l’état sauvage et un regard innocent, qui glisse à la surface des choses. Le spectateur est sans arrêt dans ce va et vient tourbillonnant, dans cet aller-retour d’un surnaturel qui se dérobe à un naturel qui se donne simplement à voir…ou le contraire.

Un regard en rapport direct avec la photographie, un agencement des prises de vue qui rappelle le cinéma : nous voilà en pleine modernité. On pense à Hopper ou à Munch… Et tout à coup une indécision, un flou, une vue transparente à travers les palissades et l’on n’est pas si loin des impressionnistes. Mais à quoi bon mettre des noms sur des références qui changent tout le temps ? La vérité est que Peter Doig nous plonge tout simplement dans un monde visionnaire et hors du temps.





Habitué des grands formats, il nous entraîne plus loin, plus loin encore : maison vide, grands espaces, lacs, paysage de neige. L’œuvre de Peter Doig n’est que voyage, dépaysement, aventure, road movie…et de ces immensités surgissent une silhouette dans un canoë orange, un homme seul, courbé, à peine esquissé, perdu dans ses pensées, ou encore un promeneur, de dos, marchant sous son ombrelle et nous voilà confrontés à la solitude, à la mélancolie, au drame humain universel.

Le travail des matières, des lignes qui fuient, l’intrusion de la lumière transfigurent la description, la transforment en vision. Je suis profondément troublée par cette œuvre singulière qui transporte sans cesse des frontières du réalisme à celles de l’onirisme.


Monique Coudert

 

 

 

 

 (photo Saatchi Gallery)


 

 

 

Publié dans Evènements

Commenter cet article

Mrs K 07/07/2008 22:10

Si je te dis ce que ce que je viens d'aller regarder via ton blog m'a totalement chavirée, ça t'étonne ? C'est un univers magique

magali duru 07/07/2008 22:29


Absolument et je suis ravie que Monique nous l'ait fait découvrir.J'ai hâte de monter à Paris pour découvrir cette expo.