Appel à textes: pantoum malais, palais à Mantoue?

Publié le par magali duru



Le pantun (ou pantoun) est une forme poétique traditionnelle malaise (...de Malaisie, moi ça va bien merci!)
 C'est un quatrain dont les deux premiers vers présentent une scène de la vie quotidienne, de l'histoire,  les deux derniers un genre de proverbe ou de morale. C'est surtout une forme qui joue au maximum sur les sonorités et leur répétition.
Elle a été admirée et copiée au 19° siècle pour en faire une forme beaucoup plus longue et compliquée, le "pantoum malais", brillamment illustrée par Hugo, Leconte de Lisle ou Baudelaire, mais c'est une autre histoire...

Monique nous propose aujourd'hui comme exercice d'écriture de "traduire" un authentique pantun malais:

 

Banyak orang bergelang tangan

Sahaya seorang bergelang kaki

Banyak orang larang jangan

Sahaya seorang turut hati


Traduction qui sera évidemment très libre et aura plus affaire avec le son qu'avec le sens... Comme le montrent les trois exemples proposés:

 

 

Ecartant la douleur du poids de son sarong

Elle marchait, pas menus, en écoutant le gong

Dont le son résonnait comme un long cri de paon

La faisant trébucher et pâlir sous le vent

 

Mo

 

Serrée dans un sari doré

Dont les franges orangées

Caressent les bijoux à ses pieds

D’un air narquois, la belle fume le calumet

 

Nathalie

 

Baignant dans la fange du fleuve alangui,

Tu savoures, mon ange, de la langue, kakis,

Beignets d’orange aux senteurs étranges,

Sirop en mélange de fleurs et de fruits.

 

Magali


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Vous pouvez écrire vos pantoums directement dans les commentaires....

Pour ceux qui s'accrochent au sens voici la traduction de Goerges Voisset, in Nouveau nouveau magasin d’écriture d’Hubert Haddad -Edition. Zulma - 2007, excellent outil d'atelier d'écriture, dans lequel a été puisé ce pantun:

 

A d’autres les anneaux au poignet

Moi je suis de celles qui parent leurs chevilles

A d’autres les « c’est interdit » les « jamais »

Moi je suis de celles qui suivent leur cœur



 

 

 



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yvonne 28/06/2008 20:16

Un banyan orangé t'attire sur la rive...Repose tes pagaies dans le kayak kaki,  Acrroche ton amarre au tangon vif qui piaffe Et dénoue ton sarong pour qu'il tombe sans hâte. YvonneLes lourds tanks ont surgi des barges échouées Le sable  s'est creusé sous le poids des chenilles; Les soldats en kaki sont hagards et glacésEt la-haut sur la dune, toutes les fentes crachent. Yvonne

M agali 28/06/2008 20:25


Merci, Yvonne! Ils sont superbes!


Marie-Catherine 21/06/2008 18:58

Sous le banyan rêve l'enfant :Bateau de sève, barreaux de vent.Sous le drapeau crèvent les gens :Rectangle blanc, barreaux de sang.-----J'aime beaucoup ton pantoun, Magali, et celui de Mo.Et j'adore l'éléphant à ficelle de Xavier.

M agali 21/06/2008 21:10


Merci pour ce pantoum, Marie-Catherine, une  "traduction" subtile et fidèle des sonorités de l'original.
Oui, l'éléphant à ficelle, c'est grand.


Xavier Garnerin 20/06/2008 18:12

Elle bachotait avec son fils et comme ça la faisait un peu
suer elle avait essayé de lui parler de textes qui lui disaient quelque chose,
et ses bracelets tintinnabulaient de colère quand il n’y entravait que pouicJetant donc aux orties Châteaubriant, Lamartine, Musset, ignorant
avec superbe Maeterlinck, Goncourt, Claudel et Pierre-Jean Rémy (et Elsa Triolet),
les renvoyant aux pâles couleurs de leur sarong à peine digne d’un gadget de
QuickEn revanche invoquant Bouddha et tartinant sur Voltaire,
Diderot, Zola, Flaubert et le père HugoC’est Balzac qu’a sorti, bingo

Xavier Garnerin 19/06/2008 19:28




Dès qu’elle met les nouilles dans la casseroleL’eau à cent degrés ne bout plusSa vie est ainsi faite, à ses chevilles ses bracelets tintinnabulentMais son faire comme si manque de bulles

magali duru 20/06/2008 08:23


Merci Dominique et Xavier!
Vous mettez la barre très haut, mais je suis sûre que certains auront à coeur de relever le gant.

Je dédie, moi, ce quatrain à l'anonyme jeune lecteur arrivé sur mon blog, le pauvret, à la suite de sa demande à Google d'"un poème d'encouragement pour le bac":

Bientôt plus d'annales, fanées les Fleurs du Mal,
Les dissert sur le fatal,  les inventions bancales
L'écrit qui ouvre le bal, le bachotage d'l'oral
Tout ce qui faisait si mal... et vive la bacchanale!




Xavier Garnerin 19/06/2008 19:22

Elle tire son éléphant à ficelleSur un trottoir interditEt son éléphant à ficelleA honte et le lui dit