Les silences de la petite page 3 chez Le Scribe de Montauban.

Publié le par magali duru



Les beaux dimanches étaient sur les routes, jeudi et vendredi, (dans le sac à main de leur Autrice).
Je vous parlerai de la première halte.

L'instant magique, quand on arrive à Montauban (prendre en venant de Toulouse la sortie "Auch, Montauban -Sud", si vous sortez à Sapiac, vous ratez tout!)
c'est là:




avec l'apparition du Pont Vieux et la silhouette imposante du Palais épiscopal (actuel musée Ingres).
Le reste est à l'avenant.

Au  Scribe vous attendent:

  • un Libraire du Scribe qui pose les bonnes questions (celles qui ont des réponses, ouf!)
  • un Narratologue que n'étonne pas votre "schizophrénie d'auteur" et qui admet bien volontiers que quand vous écrivez, vous... écrivez (et vous n'appliquez pas en même temps une grille de lecture estampillée Linguistique Générale)
  • un Monsieur qui trouve que "trop noir c'est trop noir" mais admet gentiment que tout bien considéré, black is beautiful quand même surtout si on le met à la lumière...


Vous attendent aussi une vingtaine de lecteurs moins différenciés mais de bonne volonté et on essaie de parler pour ceux-là, de lire pour ceux-là.
On sort des ornières, on passe les obstacles, en douceur, dirait-on, et tout s'acheminerait vers une heureuse conclusion, avec un petite histoire inédite en prime si la petite page 3 ne tapait soudain du pied et ne décidait que...

Basta cosi! Terminus! Finito!

Qu'est-ce que c'est que ce ronronnement de félin repu qui monte de la salle? Cette béatitude plan-plan qui emplit l'Autrice lisant tranquillement son texte?
Un peu d'action là-dedans, que diable! Des ressorts, des péripéties! Des complications!

Alors la petite page 3, courageusement, prend sa décision. Elle va payer de sa personne.
Et quand l'Autrice arrive au bout de la page 2, la petite page 3 ne fait ni une ni deux (ni trois d'ailleurs, c'est là l'astuce). Elle se sacrifie sur l'autel du Suspens et du Rebondissement: elle disparaît.

Et l'Autrice reste là, la main en l'air, bouche bée, l'air très courge.
Page 2 finie, page 4 en vue, mais de page 3 nulle part!
Que faire? Lire autre chose? Impossible! ( Il monte de l'assistance quelque chose qui rappelle le feulement du tigre qu'on a réveillé un peu tôt. En plus grognon).
Alors, l'Autrice n'a plus qu'à se faire, comme elle peut, à grand renfort de gestes, de euh... et de souvenirs confus, conteuse de son propre texte.

(Et c'est là, les amis, qu'on se félicite de ne pas avoir de nègre, de travailler ses textes jusqu'à l'usure et de les savoir au final presque par coeur!)


Publié dans Evènements

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Françoise 01/04/2008 12:05

Quelque chose m'intrigue : elle est devenue quoi, finalement, cette fameuse page 3 ? En tous cas, pour la prochaine fois, tu sais ce qui te reste à faire : supprimer carrément la page 3. Hop ! Plus de page 3 ! On saute directement à la page 4... Et si la page 4 nous embête : hop ! Et ainsi de suite. On se demande pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt !

M agali 01/04/2008 12:59


Voui.
C'est d'ailleurs ce que j'ai déjà fait avec mon roman. J'ai biffé le chapitre 2, noyé le 3, liquidé le 4, trucidé le 5 estourbi le 6, assommé le 7 (qui était d'ailleurs assommant, juste retour des
choses)  et effacé le 8. Le 9 s'était déjà carapaté, au vu de l'hécatombe, et le 10 avait trouvé refuge au Vénézuela.
Les choses vont beaucoup mieux à présent.
Reste à trouver un éditeur convaincu par la Formule 1.
A part ça, bienvenue sur mon blog, Françoise!


Solenn C 31/03/2008 19:26

....... Ce n'est pas  vrai, il ne t'est pas arrivé une chose pareille ? Bon, je suis sûre que tu t'en es tirée avec maestria. Mais, sûr, je n'aurais pas aimé être à ta place (non que j'aie les moyens de m'offrir un nègre, mais quand même...)Sinon, chapeau/bravo pour ce blog que tu alimentes plus vite que ton ombre (en tout cas plus vite que la mienne). Je viens seulement de le mettre dans mes favoris, je te rendrai donc visite plus souvent.

M agali 31/03/2008 21:46


Sois la bienvenue, Solenn!
Merci de ta visite, et à très bientôt!
(Tu sais, c'était juste une toute petite page 3 et heureusement il ne s'y passait pas trop de choses compliquées, ce n'est pas comme si j'avais dû résumer le Millenium!)


yueyin 31/03/2008 12:05

Je me suis déchiré un fasceau musculaire, je pourrais frimer en disant que je réalisait une super figure de skateboard mais bien entendu cela m'est arrivée en traversant mon salon en MARCHANT... certes d'un pas dansant mais enfin :-)

M agali 31/03/2008 12:14


Ah mais, pardon, fais excuse, pas de dénigrement et de minimisation!
La MARCHE est une discipline olympique que je sache, il s'agit donc d'un funeste accident résultant de la  pratique d'un sport extrème. Si Thierry Toutain passe par
ici, je ne voudrais pas qu'il se sente offusqué! (il doit avoir le coup de pied bien placé performant, celui-là!)


joël 31/03/2008 11:10

Face à un public, deux réactions sont possibles:Blocage total ou stimulation maximale provocant une activité cérébrale intense. Dans ce dernier cas, le sujet est capable de puiser au find fond de ses réserves, même dans celles qui étaient cachée sous le tas de charbon, oubliée et  confite d'obscurité.Et toi, Magali, tu as, de toute manière, de grandes capacités d'adaptation et d'invention. même si tu n'en es pas toujours certaine.

M agali 31/03/2008 11:17


Hm, il ya aussi la troisième solution du bafouillage, la quatrième du "mais pourquoi je leur raconte tout ça?"...

Mais merci Joël de tes encouragements.
J'imprime ton commentaire et je le mets en poche pour la prochaine fois. Un bon mantra peut sauver la vie....


yueyin 31/03/2008 11:04

Que je regrette d'avoir manqué ça :-) pour cause de béquilles intempestives..; en tous cas merci beaucoup pour la belle dédicace, je suis toute fière et je m'en vais relire mes petites histoires préférées (enfin les tiennes) :-)

M agali 31/03/2008 11:21


Merci!
Mais dis-moi, qu'est-ce que c'est que ces histoires de béquilles qui m'ont privée de te rencontrer? Et pourquoi l'intempestif s'est-il manifesté ce soir-là de tous les côtés?